Les lignes Postales

Saint-Nazaire, port Transatlantique…Oui ! Mais quelles sont les lignes ?

La convention du 17 février 1862 a été réalisée avec une ponctuelle exactitude; car le lundi 14 avril, à une heure de l’après-midi, le magnifique paquebot en fer la Louisiane est parti pour le Mexique au milieu des salves du « canon de la paix, » pour nous servir de l’heureuse expression de M. Emile Pereire. Il doit toucher le 30 à Fort-de-France, le 5 mai à Santiago de Cuba, et le 10 à la Vera-Cruz; le retour de cette dernière ville aura lieu le 15 mai, en touchant le 20 à Santiago de Cuba, le 25 à Fort-de-France, pour être rendu le 12 juin à St-Nazaire. Tel est l’itinéraire de cette première ligne du Mexique en passant aux Antilles.

Ensuite deux lignes principales, indépendamment de celle-ci, seront ouvertes d’ici à deux ans: la première se dirigera toutes les deux semaines du Havre sur New-York, avec escale à Brest, et vice versa, et donnera lieu ainsi à cinquante-deux traversées d’aller et retour. La seconde, partant deux fois par mois de Saint-Nazaire pour Aspinwall (isthme de Panama, également dénommé Colon), avec escale à la Martinique et à Sainte-Marthe ou Carthagène, donnera lieu à quarante-huit traversées. Sur la grande ligne de Saint-Nazaire à Aspinwall et au point d’escale de la Martinique viendront s’embrancher trois services annexes, l’un allant deux fois par mois à la Guadeloupe, l’autre se dirigeant mensuellement vers Santiago de Cuba, la Vera-Cruz et Tampico, le troisième desservant chaque mois la colonie française de Cayenne.

La ligne principale de la Compagnie Générale Transatlantique est, évidemment, la ligne Le Havre – New York, inaugurée en 1864 et exploitée presque sans discontinuer jusqu’en 1974. C’est sur celle-ci que sont négociées les conventions postales les plus avantageuses, que la clientèle est la plus nombreuse et les paquebots les plus prestigieux. Les vaisseaux amiraux de la compagnie, de La Champagne au France en passant par le Normandie sont construits pour cette ligne qui rapporte à la Transat plus de la moitié de ses revenus. Cela n’empêche pas ces paquebots de participer, durant la morte saison, à des croisières de plus en plus nombreuses, comme la croisière méditerranéenne de La Provence, les croisières autour du monde du France, ou celles à Rio effectuées par le Normandie.

L’Amérique centrale et les Antilles sont, cependant, très exploitées également. La ligne du Mexique est donc la première ouverte par la compagnie en 1862 au départ de Saint-Nazaire. Plusieurs paquebots anciens seront, une fois remplacés sur la ligne de New York, affectés en fin de carrière à cette ligne. Toutefois, plusieurs grands navires de la compagnie la desservent également, comme le Cuba, le Colombie, et l’Antilles. Cette ligne devient par ailleurs, progressivement, très prisée des cargos de la compagnie, qui ramènent forte quantité de rhum, de sucre et de bananes, notamment après la Seconde Guerre mondiale.

(source : gallica.bnf.fr )

Récapitulatif (non exhaustif) des lignes au départ de Saint-Nazaire

Paquebots et Lignes des Antilles-1865-1939

Note Personnelle : en complément de ce tableau et suite à mes recherches sur la carrière de mon grand-père dans la Compagnie, j’ai relevé sur les rôles d’embarquement du paquebot Flandre à bord duquel il travaillait, une liaison entre Saint-Nazaire et l’Amérique du Sud (Uruguay, Argentine, Brésil) du 20 juin 1915 au 9 juillet 1916. Deux jours plus tard le paquebot était désarmé pour être ensuite réquisitionné par l’Etat en janvier 1917 et transformé en navire-hôpital. ( voir le détail de ces rotations ) et ( la carte )

A consulter également, le site : French Lines & Cie : établissement public de coopération culturelle qui accueille les fonds historiques de nombreuses compagnies maritimes, comme la Compagnie Générale Transatlantique, la Compagnie des Messageries Maritimes, la Compagnie Générale Maritime (CGM) et la Société Nationale Corse-Méditerranée (SNCM).