Les Forges de Trignac

En 1879, la Société des Mines de Fer de l’Anjou, présidée
par l’un des actionnaires des Ateliers et Chantiers de la Loire, décide de
créer une aciérie pour produire notamment les tôles dont les chantiers navals
avaient besoin. C’est la naissance en 1882 des « Forges de Saint-Nazaire »
supportées par la Société des Forges de Trignac, une immense aciérie, la plus
importante de l’Ouest, qui produira sans discontinuer jusqu’en 1932.

C’est sur la commune de Montoir (319 habitants en 1872),
dans le hameau de Trignac que l’usine fut implantée, les terrains n’étant pas
chers. Et pour cause, ce sont d’anciens marais et le sol s’avère rapidement pas
assez solide pour supporter la construction des Hauts-Fourneaux.

La production démarrera tout de même dès cette année 1882
avec un peu plus de 1000 ouvriers. Saint-Nazaire et Trignac forment alors un
complexe industriel : usine métallurgique et deux grands chantiers navals
autour desquels gravitent de plus petits ateliers.

Mais le coût des travaux nécessaires à la consolidation des
infrastructures, ajoutés à une rentabilité moyenne, auront rapidement raison de
la survie de l’entreprise. Elle déposera le bilan en 1889.

L’usine est rachetée par la « Société des Aciéries,
Hauts-Fourneaux et Forges de Trignac » en 1890 et l’effectif montera jusqu’à
1 800 ouvriers en 1891. Elle est alors principalement composée de deux
hauts-fourneaux pour la production d’acier Bessemer, quatre fours pour la
fabrication d’acier Martin, d’un train de laminoirs pour la construction de
rails et divers autres outillages.

D’importants conflits sociaux éclatent en 1894 ce qui porte
atteinte à le rentabilité de l’usine.

Conséquence : en 1907 nouveau rachat et changement de nom : les Forges deviennent « Usines Métallurgiques de la Basse Loire » (UMBL). A partir de cette époque et jusqu’en 1914, le site traverse une période prospère. Les usines travaillent ensuite pour la Défense Nationale, mais l’approvisionnement en charbon est difficile et la main-d’œuvre masculine est maintenant mobilisée.

Le village d’origine est devenu une « vraie » ville, les charges pèsent de plus en plus sur la commune de Montoir. Le 31 mars 1914, Trignac se sépare de Montoir et devient une nouvelle commune à part entière.

La crise de la construction navale en 1920 frappe les UMBL
de plein fouet. Alors que l’effectif maximum est atteint en mai 1921 (3 200
personnes), ce chiffre chute à 1 960 en août, pour ré-augmenter ensuite en
1923. Mais l’usine ne travaille jamais à plein régime car elle manque toujours de
matières premières.

En 1926, les « Usines Métallurgiques de la Basse Loire »
sont, à leur tour, rachetées par les « Forges et Aciéries du Nord Est »
(FANE). La période qui suit voit le nombre d’ouvriers osciller, les salaires
baisser et une rénovation du site a lieu en 1930.

Mais le contrecoup de la crise industrielle de 1929 fait
d’énormes dégâts en France et entraîne l’arrêt des hauts-fourneaux de Trignac en
1932. Reste sur le site uniquement une petite équipe de maintenance.

Juste avant la deuxième guerre mondiale, l’usine rouvrira
pour raisons stratégiques, financée par l’Etat pour participer à l’effort de
guerre. Pas pour longtemps car les Allemands la réquisitionnent ensuite.

En 1943, les bombardements alliés détruisent la majeure
partie de Trignac et touchent sérieusement les Forges. En 1945, la remise en
route aurait été possible, mais malgré 30 millions de dommages de guerre, les Forges
et Aciéries du Nord Est préfèrent investir dans l’Est et fermer définitivement
le site de Trignac.

(sources diverses compilées dont : www.marineenboisdubrivet.fr, www.mairie-trignac.fr

page 393 du livre de Barbance